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Préhistoire et Antiquité 

Des récits de phénomènes aériens non identifiés existent depuis très longtemps. D'après certains ufologues, des représentations étranges visibles dans quelques grottes ornées, telles celle d'Altamira en Espagne ou celle de Cougnac en France, pourraient être des représentations d’ovnis[2]. De plus, des statuettes ou des peintures (comme les fresques du Tassili, en Algérie) ressemblent étrangement à certaines représentations d'extra-terrestres du XXe siècle, preuve, selon une partie de la communauté ufologique, de l'ancienneté du phénomène.

Certaines de ces apparitions étranges peuvent avoir été des phénomènes astronomiques comme des comètes ou des météores brillants, ou des phénomènes optiques atmosphériques. L'analyse de ces faits passés est dénommée couramment rétro-ufologie. En voici quelques exemples :

Moyen Âge et Renaissance [modifier]

À cette époque, on parle surtout de phénomènes occultes, avec des théoriciens comme Agrippa ou Paracelse. L'influence de la religion est réelle puisque les phénomènes célestes sont considérés comme des avertissements divins ou comme des expressions maléfiques dont sorciers et sorcières sont responsables.

Ces observations sont alors interprétées comme des prodiges surnaturels, des anges et autres présages religieux[6].

Certains enquêteurs contemporains considèrent ces témoignages comme étant l'équivalent ancien de rapports d'ovnis modernes. Il est en effet possible que des apparitions d'ovnis aient été transposées dans des œuvres d'art mais, pour les cas les plus souvent cités, une explication plus simple est fournie par les historiens[7]. Ainsi :

Premiers rapports modernes [modifier]

Avant que les termes « soucoupe volante » et « ovni » ne soient inventés, il y a eu un certain nombre de rapports de phénomènes aériens étranges non identifiés. Ces rapports vont de la moitié du XIXe siècle à la fin des années 1940.

Apparition des soucoupes volantes [modifier]

Après la Seconde Guerre mondiale, le phénomène ovni touche le grand public à la suite du témoignage médiatisé d'un homme d'affaires américain, Kenneth Arnold, le 24 juin 1947. Ce dernier fait le récit du phénomène qu'il a observé alors qu'il volait dans son avion privé près de Mount Rainier, dans l'état de Washington. Il rapporte avoir vu neuf disques très brillants et très rapides qu'il ne put identifier, volant du Mount Rainier vers le Mont Adams. Il estima leur longueur entre 12 et 15 mètres et leur vitesse à au moins 1800 km/h. Ils volaient, déclara Arnold, « comme des oies, formant une chaîne en diagonale comme s’ils étaient attachés l'un à l'autre, en un mouvement sautillant, analogue à celui d'une soucoupe ricochant sur l'eau » [16]. Arnold devait préciser plus tard que les ovnis qu'il avait vus ressemblaient à des soucoupes volantes (« flying saucers ») et à de grands disques plats (« flat disks »). Ce témoignage, s'il lui vaut d'être la risée des médias et du public, fait toutefois connaître le terme de soucoupe volante. Cette affaire est rapidement suivie de milliers de témoignages, surtout aux États-Unis, mais aussi dans d'autres pays. Un témoignage important est celui de l'équipage d'un vol de United Airlines qui rapporte que neuf objets en forme de disque les ont escortés au-dessus de l'Idaho dans la soirée du 4 juillet. Ce témoignage reçoit une médiatisation plus importante et est considéré comme plus crédible que celui d'Arnold. Les jours suivants, la plupart des journaux racontent en première page des histoires de soucoupes volantes.

Le 3 juillet 1947, se déroule ce qui devait devenir mondialement connu comme l'incident de Roswell. Ce jour là, Mac Brazel, propriétaire d'un ranch près de Roswell, découvre des débris sur ses terres, et prévient la base militaire la plus proche. Un jeune militaire du Roswell Army Air Field (RAAF) fait alors un premier communiqué de presse, où il annonce que l'armée a découvert une « soucoupe volante » écrasée près d'un ranch à Roswell, suscitant un fort intérêt chez les médias. L'observation de Kenneth Arnold avait eu lieu un mois plus tôt et avait eu un écho important dans la presse si bien que les soucoupes volantes étaient dans l'esprit de tous, y compris des militaires. Le lendemain, le commandement général de la base publie un rectificatif, annonçant que la soucoupe volante était seulement un ballon-sonde[17]. Une conférence de presse est organisée dans la foulée, dévoilant aux journalistes des débris provenant de l'objet retrouvé et confirmant la thèse du ballon-sonde. L'affaire tombe alors dans l'oubli pendant une trentaine d'années, marquant la fin de la première grande vague d'ovnis aux États-Unis.


En 1978, le major Jesse Marcel, qui a pris part à la récupération des débris à Roswell en 1947, déclare à la télévision que ceux-ci étaient sûrement d'origine extraterrestre et que les débris que le général Ramey (responsable de la base) a montrés aux journalistes ne sont pas ceux que Marcel lui a apportés de Roswell. Il fait part de sa conviction selon laquelle les militaires avaient en réalité caché la découverte d'un vaisseau spatial à l'ufologue Stanton T. Friedman. Son histoire circule parmi les amateurs d'ovnis et des revues d'ufologie
[18]. En février 1980, le National Enquirer conduit sa propre interview du major Marcel, ce qui déclenche la re-médiatisation de l'incident de Roswell. D'autres témoins et rapports sortent de l'ombre au fil du temps, ajoutant de nouveaux détails à l'histoire. Par exemple, une grande opération militaire se serait déroulée à l'époque, visant à retrouver des morceaux d'épave, ou encore des extraterrestres, sur pas moins de 11 sites[18], ou encore des témoignages d'intimidation sur des témoins. En 1989, un entrepreneur de pompes funèbres à la retraite, Glenn Dennis, affirme que des autopsies d'extraterrestres ont été effectuées dans la base de Roswell[19]. En 1991, le général Du Bose, chef d'état-major du général Ramey en 1947, confirme que ce dernier avait substitué aux débris transmis par la base de Roswell ceux d'un ballon météo, montrés aux journalistes. En réponse à ces nouveaux éléments, et après une enquête du Congrès des États-Unis, le GAO (Government Accountability Office, organisation de surveillance appartenant au Congrès) demande à l'United States Air Force de conduire une enquête interne. Le résultat de cette enquête est résumé en deux rapports. Le premier, paru en 1995, conclut que les débris retrouvés en 1947 provenaient bien d'un programme gouvernemental secret appelé Projet Mogul[20]. Le second, paru en 1997, conclut que les témoignages concernant la récupération de cadavres extraterrestres provenaient vraisemblablement de rapports détournés d'accidents militaires impliquant des blessés et des morts, ou encore de la récupération de mannequins anthropomorphiques lors de programmes militaires tels que l'opération High Dive, menés autour des années 1950. Ce rapport indique néanmoins que le débat sur ce qui est réellement tombé à Roswell continue, tout en précisant que tous les documents administratifs de la base pour la période mars 1945-décembre 1949 ont été détruits ainsi que tous les messages radio envoyés par la base d'octobre 1946 à février 1949. Le bordereau de destruction ne mentionne pas quand, par qui, et sur l'ordre de qui cette destruction a été effectuée. Ces rapports ont été rejetés par les partisans de la théorie extraterrestre, criant à la désinformation, bien qu'un nombre significatif d'ufologues s'accordent alors sur une diminution de la probabilité qu'un vaisseau extraterrestre soit en fait impliqué.[21][22][23]

Les ovnis dans la culture populaire [modifier]

Le thème des ovnis et des extraterrestres constitue un phénomène culturel international depuis les années 1950. Si l'on en croit le folkloriste Thomas E. Bullard, « Les ovnis ont envahi la conscience moderne d'une force irrésistible, et le flot incessant de livres, articles de magazine, couvertures de journaux populaires, films, émissions de télé, dessins animés, annonces, cartes de salutation, jouets, [...] confirme la popularité de ce phénomène ». Selon un sondage (Gallup poll) de 1977, 95 % des sondés disent avoir entendu parler des ovnis, tandis que seulement 92 % disent avoir entendu parler du Président des États-Unis Gerald Ford à peine neuf mois après son départ de la Maison Blanche (Bullard, 141). Un sondage de 1996 (Gallup poll) signale que 71 % de la population des États-Unis croit que le gouvernement dissimule des informations concernant les ovnis, un sondage de 2002 donne des résultats semblables (Roper poll pour la chaîne de télévision Sci Fi), mais avec plus de personnes croyant que les ovnis sont d'origine extraterrestre.

Depuis la fin des années 1990, on observe une sorte de démystification du phénomène ovni. En effet, depuis la découverte par la science de nombreuses exoplanètes, la théorie selon laquelle nous ne serions pas seuls dans l'univers s'impose petit à petit au sein de la communauté scientifique et du public, rendant moins farfelue l'hypothèse de possibles visites de la Terre par des extraterrestres. La publication de livres en faveur de l'HET par des scientifiques ou des ufologues, l'apparition de débats télévisés sur le sujet ainsi que la mise à la disposition du public des archives d'organismes officiels comme le GEIPAN, participent à l'acceptation de ce phénomène comme pouvant être une manifestation de visites extraterrestres. Dans un sondage récent [24], 48% des sondés pensent que des extraterrestres ont visité la Terre.

Arts et folklore [modifier]

Une des premières apparitions des ovnis ou des extraterrestres en général dans la littérature est le roman écrit en 1898 par H. G. Wells et intitulé La guerre des mondes. C'est l'un des premiers ouvrages de science-fiction qui a par la suite donné naissance à deux adaptations cinématographiques, la première en 1953 par Byron Haskin et la deuxième en 2005 par Steven Spielberg (lequel a aussi réalisé Rencontre du troisième type et E.T. l'extra-terrestre, deux autres films sur le thème des extraterrestres). La guerre des mondes est aussi à l'origine d'un des plus célèbres canulars du XXe siècle, qui vit Orson Welles faire croire à la population américaine qu'elle était attaquée par des extraterrestres venus de la planète Mars, le 30 octobre 1938 lors d'une émission radiophonique.

Le début du XXe siècle voit la naissance du mythe des « petits hommes verts » ou « Martiens ». Bien souvent, cette expression est utilisée pour se moquer de l'éventuelle existence d'extraterrestres. La couleur verte a, peut-être, pour origine le roman d'Edgar Rice Burroughs, A Princess of Mars (1912), où sont décrites différentes espèces de Martiens, dont une à la peau verte. Cette couleur sera reprise par plusieurs autres auteurs, dont certains en feront même le titre de leur ouvrage, comme Harold Sherman dans The Green Man (1946) ou encore Damon Knight dans The Third Little Green Man (1947).

Un autre événement clé dans le folklore ovni des années 1970 est la publication du livre d'Erich von Däniken Chariots of the Gods. Cet auteur, qui affirme dans son livre que les extraterrestres visitent la Terre depuis des milliers d'années, tente d'étayer cette hypothèse par divers exemples archéologiques et mystères non résolus (voir Théorie des anciens astronautes). De telles idées n'étaient pas vraiment nouvelles. Par exemple, au début de sa carrière, l'astronome Carl Sagan dans Intelligent Life in the Universe (1966) avait affirmé que les extraterrestres pouvaient fort bien visiter la Terre sporadiquement depuis des millions d'années. Ces théories ont inspiré de nombreux imitateurs, suites et adaptations romanesques, dont un livre (The Bible and Flying Saucers de Barry Downing) qui interprète les phénomènes aériens miraculeux décrits dans la Bible comme la trace écrite de contacts avec des extraterrestres. Nombre de ces interprétations tendent à expliquer l'évolution humaine par l'action des extraterrestres, une idée déjà présente dans le roman et le film 2001, l'odyssée de l'espace.

Le phénomène ovni prend une nouvelle tournure dans les années 1980, principalement aux États-Unis, avec la publication des livres de Whitley Strieber (Communion) et de Jacques Vallée (Passeport pour Magonia). Strieber, écrivain de romans d'horreur, pensait que les extraterrestres le harcelaient et étaient responsables de « plages de temps disparues » (missing times) pendant lesquelles il était soumis à d'étranges expérimentations[25]. Cette nouvelle vision, plus sombre, est reprise par d'autres avec les enlèvements extraterrestres et sert de toile de fond à X-Files et bien d'autres séries télévisées. Cependant, même dans cette littérature, les extraterrestres ont des motivations qui peuvent être bienveillantes. Par exemple, le chercheur David Jacobs croit que nous subissons une forme d'invasion discrète par assimilation génétique. Le thème de la manipulation génétique (sans qu'il y ait nécessairement invasion) est également très présent dans les écrits de Budd Hopkins. Le psychiatre John Mack (1929-2004) pensait que l'éthique des « envahisseurs » était de jouer le rôle de guides sévères mais bons essayant d'inculquer la sagesse à l'humanité.

Les dix dernières années ont été très prolifiques en films inspirés par la culture ovni et les extraterrestres. On peut noter parmi eux Independence Day de Roland Emmerich en 1996 (reprenant aussi le thème de la Zone 51), Contact de Robert Zemeckis en 1997 et Signes de M. Night Shyamalan en 2002 (reprenant quant à lui le thème des agroglyphes).

Cercles de contactés et culture New Age [modifier]

A partir des années 1950, commencent à apparaître des sectes mystiques liées au phénomène ovni, parfois appelées « cercles de contactés ». Le plus souvent les membres de ces sectes se rassemblent autour d'un individu, un gourou, qui affirme être en contact direct ou télépathique avec des êtres célestes ou extraterrestres. Le plus notable d'entre eux est Georges Adamski, qui affirme avoir été contacté par un grand et blond Vénusien (du nom d'« Orthon »), voulant avertir l'humanité des dangers de la prolifération nucléaire[26]. Adamski a été très largement discrédité, mais une Fondation AdamskiThe Aetherius Society, fondée par le mystique britannique George King en 1956, et la Fondation Unarius, établie par « Ernest L. » et Ruth Norman en 1954. Le thème récurrent de ces messagers extraterrestres est l'avertissement face au danger de la prolifération nucléaire. On trouve des groupes de contactés plus récents comme Heaven Gate (« La porte céleste »), le a pris le relais, publiant et vendant les écrits d'Adamski. Au moins deux de ces sectes ont attiré un nombre important d'adhérents, mouvement raëlien, ou encore The Ashtar Galactic Command (« L'état-major galactique Ashtar »). De nos jours, de nombreuses sectes de contactés, anciennes comme nouvelles, montrent une volonté d'assimiler des idées proches du christianisme et d'autres religions orientales, mélangeant ces dernières avec des idées issues du thème de la bienveillance des extraterrestres à l'égard des Terriens.

Dans les années 1970, on note un renouvellement et un élargissement des idées associant les ovnis aux sujets surnaturels et occultes, avec la publication de beaucoup de livres New Age où les ovnis et les extraterrestres sont très présents. Certains adeptes des sectes de contactés des années 1950 avaient incorporé diverses idées religieuses et occultes à leurs croyances quant aux ovnis, mais dans les années 1970 ce phénomène se reproduisit sur une échelle considérablement plus grande. Beaucoup de participants du mouvement New Age y crurent et tentèrent d'établir un contact avec les extraterrestres. Un célèbre porte-parole de cette tendance était l'actrice Shirley MacLaine, connue pour son livre et sa mini-série Out on a limb.

Les Hommes en noir (Men in black) [modifier]

Les Hommes en noir (calque de l'anglais « Men in black », en abrégé MIB) est un terme collectif désignant des personnes imaginaires issues du folklore américain. Leur but serait d'empêcher l'humanité d'accéder à des connaissances de provenance extraterrestre, jugées trop dangereuses pour sa survie. Ils se présenteraient le plus souvent comme agents travaillant pour le gouvernement fédéral américain. Ces personnes, parfois de sexe féminin, arriveraient seules ou en groupe (le plus souvent en trio) au domicile du témoin d’un événement étrange après un délai qui peut varier d’un jour à plusieurs mois. Le témoin voit en eux tantôt des agents du gouvernement chargés d’étouffer l’affaire, tantôt des créatures non humaines (extraterrestres ou humanoïdes) aux objectifs mystérieux. Ils sont souvent vêtus d'un costume sombre ou gris (tailleur pour les femmes), en général dans le style des années d’après-guerre (et ce quelle que soit la date de leur apparition), comme d’ailleurs leur voiture, lorsqu’ils en ont une.

C'est Gray Barker, dans un classique de l'ufologie, They knew too much about flying saucers, qui lança la thématique des Hommes en noir. Il y a une dizaine d'années, John C. Sherwood affirma que Gray Barker publiait sous forme d'articles, dans son fanzine ufologique, des textes qui lui étaient soumis en tant que nouvelles de science-fiction. Les Hommes en complet noir seraient donc une légende créée de toutes pièces, avant qu'elle ne passe dans le folklore américain.

Des scénaristes ont souvent profité de leur vague description pour introduire les Hommes en noir dans différents épisodes de séries télévisées. Un comic et deux films, Men in Black et Men in Black 2, sont inspirés de ce folklore.

Faits et témoignages [modifier]

La majorité des observations d'ovnis repose sur le témoignage plus ou moins précis d'une ou de plusieurs personnes ne pouvant apporter une preuve tangible de la réalité de leur observation. En dehors des cas reposant uniquement sur des témoignages, il existe des cas, beaucoup plus rares, corroborés par des éléments physiques directs ou indirects. L'explication de ces cas est sujet à d'intenses controverses, le lien entre l'élément physique et le témoignage étant l'aspect le plus généralement contesté. Une partie de ces cas a été investiguée par différentes agences gouvernementales scientifiques et militaires. La donnée physique directe concerne les cas détectés par radar ou photographiés, la donnée physique indirecte peut être par exemple une trace au sol ou la trace d'une influence électromagnétique ou d'une perturbation environnementale.

Témoignages [modifier]

Cette catégorie représente la majorité des cas d'ovnis, à savoir l'observation de lumières ou d'objets dans le ciel ou au sol ou tout autre témoignage d'ovni observé par une ou plusieurs personnes. Ces témoignages ne sont pas facilement exploitables par les enquêteurs en raison de l'absence de preuves directes (comme une photographie) ou indirectes (traces au sol par exemple) de la présence d'un ovni.

Les observations d'ovnis impliquant une foule de témoins sont nombreuses. On peut citer, entre autres observations, la Vague belge, la Vague de Mexico et la Bataille de Los Angeles. En France, certains cas ont été répertoriés par le GEIPAN comme le cas des « Aldudes » du 2 février 1985 lorsqu'un ovni lumineux avec clignotant blanc, rouge et vert fut observé par une foule de témoins en Aquitaine, puis les jours suivants en Espagne et dans les Ardennes.[27] (on peut aussi noter l'existence d'autres cas comme celui dit « des Hautes-Pyrénées »[28] ou celui dit du « Vaucluse ») [29].

Photographies et vidéogrammes [modifier]

Les éléments principaux disponibles pour l'étude du phénomène ovni sont les photographies et les vidéos. Une analyse du corpus des photographies existantes permet de classer les photographies dites d'ovni en trois catégories [30] :

  1. Les photographies d'ovni minimales : la forme censée correspondre à un ovni est blanche, souvent uniforme, pauvre en détails, se détachant d'un arrière-plan noir ou très sombre ; ces photographies montrent parfois une partie de l'environnement. La valeur informationnelle de cette classe d'images est très faible. On citera par exemple la photo prise durant la « bataille de Los Angeles » dans la nuit du 25 février 1942, publiée dans le journal Los Angeles Times.
  2. Les photographies d'ovni soucoupiques : les photographies de cette catégorie montrent des formes qui évoquent, conformément aux lois de la perspective, celles d'un volume de section circulaire surmonté d'un renflement plus ou moins proéminent. Le simple fait de vouloir les décrire amène une terminologie spécifique qui constitue déjà un début d'identification. La valeur informationnelle de cette classe d'images se réfère d'emblée au champ de la culture (la soucoupe volante en tant qu'engin extraterrestre), indépendamment de la nature de la chose photographiée.
  3. Les photographies d'ovni exotiques : celles-ci sont minoritaires car elles ne représentent que 4% des images publiées et se distinguent des deux autres catégories par leur côté atypique. Elles ne s'apparentent ni à la photographie d'ovni minimale, ni au stéréotype de la soucoupe surmontée d'un dôme. Avec ces photographies, il s'agit d'une non identification non pas par défaut de données ou de visibilité mais par discrimination. En conséquence, elles posent le problème de la non identification de manière nettement plus aiguë que les autres. On peut alors en déduire qu'elles ont un intérêt plus important d'un point de vue heuristique (haute qualité informationnelle). Ce type d'image, quand il n'est pas ignoré ou rejeté, y compris par les revues spécialisées, reste très minoritaire dans les publications.

Exemples de photographies et de vidéogrammes [modifier]

Traces physiques sur l'environnement [modifier]

L'étude de ces données se fonde sur les traces physiques de débarquement, les impressions au sol (sol brûlé et/ou desséché, végétation brûlée et abimée, anomalies magnétiques, niveaux accrus de rayonnement et traces métalliques). D'un point de vue méthodologique, il est impossible d'établir avec certitude un lien entre les traces physiques alléguées et l'observation de l'ovni. La cause d'une altération environnementale peut être tout autre que causée par le passage d'un ovni, éventualité qui ne peut jamais être écartée puisqu'il n'est pas possible de faire les prélèvements juste avant puis juste après l'observation de l'ovni, pour comparaison.

Exemple du cas de Trans-en-Provence [modifier]

Le Cas de Trans-en-Provence est l'un des rares cas où un ovni a prétendument laissé des traces matérielles scientifiquement mesurables. Cet événement a eu lieu le 8 janvier 1981, à Trans-en-Provence, dans le département du Var.[43]

Ce jour là, vers 17h, un habitant de Trans-en-Provence, Renato Nicolaï, maçon retraité d'une cinquantaine d'années, était occupé à bricoler dans son jardin. C'est alors qu'il vit un engin atterrir, avec un léger sifflement, sans flammes. Selon le témoin, « L'engin avait la forme de deux assiettes renversées l'une contre l'autre. Il avait la couleur du plomb et possédait une nervure tout autour de sa circonférence. Sous l'appareil, j'ai vu, au moment où il se soulevait, deux genres de pièces rondes qui pouvaient être des réacteurs ou des pieds. Il y avait aussi deux autres cercles qui ressemblaient à des trappes. Les deux réacteurs ou pieds dépassaient légèrement sur 20 cm en-dessous de l'appareil. Il mesurait environ 1,80 m de haut pour 2,50 m de diamètre. Peu après, l'objet décolla, pour disparaître bientôt au loin ». Un voisin gendarme arrivera bientôt sur les lieux, il prélèvera de la luzerne ainsi que de la terre, pour l'envoyer au GEPAN. Des analyses seront réalisées sur les plantes et les traces. Le GEPAN constatera que le sol a été tassé par un lourd poids, qu'il a été chauffé à environ 600°C, et qu'un dépôt d'oxyde de fer a été laissé. Plus surprenant, Michel Bounias, scientifique de l'INRA auquel les analyses de luzernes ont été confiées, découvrira que cette luzerne a subi une exposition aux radiations.

Les enquêteurs du GEPAN interrogeront M. Nicolaï et écarteront l'hypothèse d'un canular. Il se baseront pour cela sur la personnalité et les dires du témoin, un homme malade et fatigué ne lisant jamais ni livres ni journaux, ayant pour seule source d'information la télévision et déclarant avoir bien entendu le terme ovni une fois à la télévision mais en ignorer le sens. Le témoin fut persuadé d'avoir vu un engin militaire secret, le village de Trans-en-Provence se situant près du camp militaire de Canjuers. Certains sceptiques défendent, au contraire des enquêteurs du GEPAN, la thèse du canular.[44]

Effets physiques sur témoins [modifier]

Certains témoins ont déclaré avoir ressenti des effets physiques durant ou après le passage d'un ovni, comme des maux de tête, des acouphènes, des nausées, des brûlures épidermiques ou cornéennes, voire des paralysies temporaires. On a aussi recensé des cas d'empoisonnement radioactif, comme dans l'affaire Cash-Landrum. Cependant, dans la majorité des cas, aucune preuve médicale n'a pu être apportée, ou dans le cas des brûlures, la banalité de la blessure n'exclut pas la possibilité d'un canular.

En France, on peut noter l'existence de deux cas où des témoins ont manifesté un effet physique après avoir "rencontré" un ovni. Les dossiers du GEIPAN relatent des faits qui se sont déroulés le 1er décembre 1979 vers 19 heures 35 dans la commune d'Annot (04) : un boucher, parti faire une livraison, rapporte avoir été poursuivi pendant 2 km à 80 km/h par une boule jaune qui émettait un bruit strident. Le témoin a subi un choc nerveux ainsi qu'une occlusion intestinale. L'enquête n'a pas permis d'identifier le phénomène observé[45]. L'autre cas s'est produit le 10 mars 1980 dans la commune d'Authon du Perche (72), lorsque qu'une grande forme rectangulaire avec des rampes lumineuses a été observée, après un appel de témoin, par plusieurs gendarmes dont certains ont ressenti des malaises ou des insomnies. [46]

Exemple de l'incident de Falcon Lake [modifier]

L'incident de Falcon Lake se déroula le 19 mai 1967, lorsque Stephen Michalak fut gravement brûlé lors de son éventuelle rencontre avec un ovni aux abords du lac Falcon (Canada). Ce jour là, Stephen Michalak, mécanicien de profession, décida de passer le week-end dans le parc Whiteshell pour s'adonner à son hobby : la géologie. Après une nuit dans un motel de la route trans-canadienne, Stephen partit en direction du lac Falcon vers 5h30. Vers 12h15, alors qu'il examinait une veine de quartz au bord d'une rivière, Stephen aperçut deux objets rouges métalliques de forme discoïdale, d'environ 1,50 mètre de diamètre, qui flottaient à quelques mètres du sol au-dessus de lui. L'un des deux objets vint se poser près de Stephen tandis que l'autre prit de l'altitude et disparut derrière la frondaison des arbres. Reportant son attention sur l'objet posé au sol, le témoin remarqua une odeur de souffre ainsi qu'un léger sifflement. Après quelques minutes d'observation, une trappe s'ouvrit dans l'objet et Stephen perçut des sons qu'il assimila à des voix qui provenaient de l'ovni. Pensant qu'il pouvait s'agir d'un appareil expérimental militaire, le témoin essaya d'appeler en anglais, en allemand ainsi qu'en français mais ne reçut aucune réponse. Revenu de sa surprise, Stephen s'approcha de l'objet et inspecta la trappe ouverte : il ne vit que d'étranges motifs lumineux se déplaçant dans une totale obscurité. Brusquement, la trappe fut obturée par trois panneaux coulissants et Stephen reporta son attention sur l'objet en passant sa main dessus. Le contact lui évoqua celui du « verre dépoli ». Soudain, la toile des gants que portait le témoin se mit à fondre, l'obligeant à rapidement retirer sa main. Immédiatement, l'objet tourna sur lui-même, et Stephen se retrouva face à une grille d'une trentaine de centimètres de large percée de trous. Un souffle chaud s'échappa des trous, embrasant la chemise et le maillot de corps du témoin. Pris de panique, Stephen arracha ses vêtements en feu et les jeta au sol tout en apercevant l'ovni s'envoler et disparaître derrière les arbres. Complètement choqué, Stephen observa les environs et vit que la zone où était posé l'objet avait manifestement subi un fort souffle d'air. Au bout de quelques minutes, Stephen fut prit de vomissements, de migraines et décida de retourner au motel. Souffrant de violents vomissements, le témoin regagna péniblement le motel à pied après qu'un membre de la police montée lui eut refusé son aide, pensant que Stephen Michalak était ivre. Il arriva au motel vers 16h00 et demanda immédiatement au bar de l'hôtel où il pouvait consulter un médecin. On lui répondit que le premier cabinet se trouvait à plus de 75 km. Préférant retourner chez lui à Winnipeg, Stephen appela sa femme pour la prévenir qu'il venait d'avoir un accident et attendit le bus de 20h45.

Son fils vint l'accueillir à Winnipeg vers 22h15 et l'emmena immédiatement voir un médecin. Le médecin de l'hôpital de Misericordia qui l'examina remarqua immédiatement les brûlures de forme carrée dont le torse et le ventre de Stephen était recouverts ; de plus, les vomissements et les migraines ne s'étaient pas arrêtés. Deux jours plus tard, craignant une irradiation, son médecin généraliste l'envoya consulter le Département de médecine nucléaire de l'hôpital, mais le spécialiste ne trouva aucune trace d'irradiation et diagnostiqua une simple brûlure thermique. Stephen Michalak affirma avoir perdu une dizaine de kg dans la semaine qui suivit son étrange rencontre. Plusieurs enquêteurs officiels interrogèrent le témoin et retournèrent sur les lieux de l'observation : ils y découvrirent les restes carbonisés des vêtements de Stephen ainsi que plusieurs pièces métalliques non identifiées. Des traces de radiations extrêmement importantes furent détectées à certains endroits de la zone et les pièces métalliques furent identifiées comme de l'argent quasi-pur (98%). Stephen Michalak est décédé en octobre 1999.

Détections radar et poursuites [modifier]

Celles-ci sont souvent considérées parmi les meilleurs cas puisqu'elles font participer le personnel et les opérateurs qualifiés civils ou militaires des tours de contrôle parallèlement à un contact visuel. En voici quelques exemples:

Exemple de l'observation de Washington [modifier]

L'expression observation de Washington désigne l'une des plus célèbres observations d'ovni du XXe siècle. Elle a eu lieu les nuits des 19 et 26 juillet 1952 au dessus de Washington DC. A cette époque, les États-Unis font face à une vague d'observations d'ovnis sans précédent depuis avril 1952. L'équipe du projet Blue Book est débordée par les témoignages arrivant de tout le pays. Le pic d'observations a lieu en juillet. Ce phénomène a été officiellement élucidé comme étant « une inversion de température dans le ciel de Washington provoquée par le conflit entre une couche d'air chaude prise en tenaille entre deux couches d'air plus froides. Cela aurait eu pour résulat de provoquer un effet de mirage, en réfléchissant des ondes radar et en réfractant des rayons lumineux venus du sol ». Cependant cette explication est très contestée, par des ufologues comme par des spécialistes du radar. En 1969, une étude scientifique de l'Armée de l'air américaine rejeta cette explication.

Le 19 juillet dans la soirée, cinq lueurs apparentées à des sphères lumineuses volant au-dessus de la ville sont vues par de nombreux habitants. À 23H40, 7 échos apparaissent sur les écrans radar de la base d'Andrew près de Washington, échos peu après confirmés en visuel. Leur vitesse varie de 160 à près de 500 kilomètres par heure, avec des accélérations à des vitesses supérieures à mach 10. Les échos radar sont confirmés par l'aéroport de la ville et les bases aériennes alentour. Peu après, des avions de chasse Lockheed F-94 Starfire sont envoyés, et leurs pilotes confirment la présence des sphères ainsi que leurs importantes variations de vitesse. Vers 2h du matin, d'autres avions de chasse arrivent ainsi que d'autres boules lumineuses, dont l'une suit un avion de ligne pendant quelques instants. Le « jeu » entre les ovnis et les avions de chasse se poursuivra jusqu'à 5 heures du matin, heure à laquelle le phénomène cesse. Il a été observé par de nombreux habitants ainsi que par les pilotes en visuel, et par les opérateurs radar de l'Aéroport national de Washington ainsi que des bases aériennes proches de Bolling et d'Andrew.

Le phénomène reprendra toute la nuit du 26 au 27 juillet, et dans une moindre mesure dans celle du 2 au 3 août. Il est à chaque fois confirmé en visuel et au radar par des civils et des militaires, au sol comme dans les airs. Une photo devenue très célèbre montre le Capitole survolé par une dizaine de boules lumineuses, mais il s'avère que ces lumières ne sont que le reflet, sur l'objectif, des lampadaires du Capitole.

Interférences électromagnétiques [modifier]

Les interférences électromagnétiques concernent les voitures calées, les black-out (pannes de courant), les interférences radio/télé, les problèmes de communication et de navigation aérienne. Une liste de plus de trente incidents d'avion a été compilée par Dr Richard F. Haines, scientifique à la NASA.

Le 3 septembre 1985 vers 22h, à Lyon (France), de nombreux témoins aperçoivent une boule de la grosseur d'une balle de football tomber silencieusement et verticalement dans les eaux du port Edouart Herriot sur le Rhône en plein centre ville. La boule lumineuse est verte et entourée d'un halo fluorescent vert. A cet instant précis, tous les éclairages de la voiture de surveillance de la patrouille de police se mettent à clignoter devant tous les témoins. Ensuite, durant une minute, une lueur jaune-blanchâtre d'un diamètre d'environ 30 mètres est vue dans le fonds de l'eau par les personnes présentes sur les lieux. Cette chute est également aperçue par d'autres témoins situés en dehors de la ville de Lyon. Une radioactivité peu importante a été détectée lors des premiers sondages de surface. L'enquête de gendarmerie n'a pas permis d'identifier le phénomène. [48]

Exemple de l'incident de Téhéran [modifier]

L’incident de Téhéran eut lieu en Iran, dans la nuit du 18 au 19 septembre 1976. Il s'agit d'une des plus célèbres poursuites entre un avion de chasse et un ovni. Aucune explication sérieuse n'a pu être fournie jusqu'ici, alors que cet incident a été confirmé par radar. L'affaire a par ailleurs donné lieu à un rapport secret déclassifié de la DIA, l'organisation de renseignement militaire du Pentagone[49].

Vers minuit trente, le 19 septembre 1976, le poste de commandement de l'armée de l'air iranienne reçoit plusieurs appels téléphoniques de personnes ayant aperçu des objets lumineux dans le ciel au nord de Téhéran, dans le quartier de Shamiran. Comprenant qu'aucun hélicoptère ou avion n'en est la cause, les militaires préviennent le général Yousefi. Celui-ci n'en croit pas un mot et dit à ses subordonnés qu'il doit s'agir d'une simple étoile. Mais après avoir parlé avec le personnel de la tour de contrôle de l'aéroport de Mehrabad, il va voir par lui-même, peut observer un grand ovni lumineux et constate qu'il ne s'agit pas d'une étoile. À 1h30 du matin il envoie un chasseur F-4 Phantom II pour éclaircir la situation. Le pilote de l'avion de chasse et son navigateur voient eux aussi l'ovni, mais arrivés à 45 km de l'objet, les instruments de communications se bloquent. Ils croient à une panne et font demi-tour. Mais une fois repartis à plus de 45 kilomètres de l'ovni, ils constatent que leurs instruments remarchent.

Peu après, un second F-4 est envoyé, avec la même mission. Sur son radar, le copilote voit l'objet, qui a la même signature qu'un Boeing 707. Cependant, en visuel, l'objet émet une lumière éblouissante même à des dizaines de kilomètres, et de plusieurs couleurs, ce n'est donc pas un avion de ligne. Les pilotes constatent eux aussi cette même panne des communications à moins de 45 km, tandis que l'objet semble vouloir garder une distance de sécurité. C'est alors qu'un objet plus petit se détache de l'ovni et se dirige à plusieurs fois la vitesse du son sur le F-4. Le pilote tente de tirer un missile AIM-9 Sidewinder pour se défendre mais les commandes d'armement ne répondent plus. L'avion entame alors une manœuvre de fuite, toujours poursuivi par le petit ovni qui finit par le dépasser, lui couper la route pour enfin faire demi-tour et rejoindre l'ovni principal. Une fois plus loin, l'avion retrouve l'usage de toutes ses commandes. Peu après, un petit objet quitte à nouveau l'ovni pour se poser au sol, illuminant durant quelques instants une zone de plusieurs kilomètres, éblouissant les deux pilotes du F-4 qui doivent attendre de s'être réaccoutumés à l'obscurité pour atterrir enfin à Mehrabad. Juste avant de se poser, le F-4 remarque un autre ovni lumineux, cylindrique celui-là. Par ailleurs, un avion de ligne fut victime des mêmes défaillances de ses appareils de communication une fois à moins de 45 km de l'objet, alors qu'il allait atterrir à Mehrabad. Peu après, le gros ovni s'éloigna vers l'ouest pour disparaître derrière l'horizon.

Une fois le jour levé, des recherches furent entreprises à l'endroit où le petit ovni avait peut-être atterri (une sorte de lac asséché) mais on ne trouva rien. Cependant, des gens habitant près de là dirent avoir vu une forte lumière et entendu un fort bruit durant la nuit.

Contre-exemple d'un cas d'ovni élucidé [modifier]

La plupart des observations d'ovnis trouvent après enquête une explication simple. La plupart du temps les ovnis sont des phénomènes prosaïques mal interprétés. Voici un exemple d'un cas d'ovni étudié par le SEPRA.

Le 29 septembre 1988, un garagiste circulant sur l'autoroute Paris-Lille vit une énorme boule rouge traverser la chaussée à quelques dizaines de mètres de lui et rouler en contrebas. Lançant des reflets lumineux et enveloppée d'une fumée dense, celle-ci finit par s'arrêter dans un champ. Troublé par cette observation, le garagiste alla en rendre compte aux gendarmes de l'autoroute. La gendarmerie, sur ordre du préfet, neutralisa alors l'autoroute et une zone de plusieurs kilomètres autour de l'objet. Le témoin principal et sa famille furent conduits par précaution à l'hôpital où ils subirent une série d'examens. Des agents de la Sécurité civile et de la Sécurité militaire se rendirent sur le lieu de l'incident munis de compteurs Geiger. En effet, on attendait à cette période la chute du satellite soviétique Cosmos 1900, équipé d'un générateur électronucléaire, et des consignes précises avaient été données. Le CNES précisa assez rapidement qu'à la même heure Cosmos 1900 survolait l'océan Indien. Avançant avec précaution, les spécialistes de la sécurité s'approchèrent d'une sphère de 1,50 m de diamètre environ. Ils constatèrent qu'elle ne portait aucune trace des échauffements et des effets mécaniques considérables que produit une rentrée atmosphérique et qu'elle était recouverte de petits miroirs. On ne décela près d'elle ni fumée, ni radioactivité. On apprendra plus tard que cette sphère, destinée à servir d'accessoire à un concert de Jean-Michel Jarre, était tombée du camion qui l'emportait à Londres. Les petits miroirs collés sur son enveloppe en polystyrène étaient destinés à réfléchir les effets lumineux du spectacle.

Les enquêtes officielles [modifier]

Depuis une cinquantaine d'années, de nombreuses études scientifiques officielles ou officieuses sur le phénomène ovni ont été menées par divers organismes gouvernementaux et associations d'étude. Certaines études officielles, comme le rapport Condon, concluent en faveur de l'origine prosaïque ou sociopsychologique du phénomène ovni. Quelques études comme celles du GEPAN sont restées neutres dans leurs conclusions tout en suggérant la poursuite des études scientifiques à ce sujet pour élucider les cas les plus compliqués. D'autres études privées ou gouvernementales (comme le rapport COMETA ou l'estimation de la situation du projet Sign), minoritaires, concluent en faveur de l'hypothèse extraterrestre de certains ovnis et critiquent la position officielle de la communauté scientifique.

Les enquêtes américaines [modifier]

Le gouvernement américain décida d'enquêter sur le phénomène ovni dès la fin des années 1940 et créa différentes commissions d'enquête sur le sujet.

Le 9 juillet 1947, le Service de renseignement de l'Armée de l'air américaine, en coopération avec le FBI, démarra secrètement une enquête visant à étudier les meilleurs témoignages d'ovnis, y compris ceux de Kenneth Arnold et de l'équipage du vol de United Airlines. Le Service de renseignement déclara employer « tous ses scientifiques » pour déterminer si un « tel phénomène pouvait, en fait, se produire ». En outre, la recherche fut conduite « en gardant présent à l'esprit que les objets volants étaient peut-être un phénomène céleste » ou « un corps étranger conçu et commandé par des moyens mécaniques »[50]. Trois semaines plus tard, ils conclurent que « ces histoires de soucoupes volantes ne sont pas toutes le fruit de l'imagination ou de l'exagération de certains phénomènes naturels. Il y a vraiment des vols de quelque chose ».

Un supplément d'enquête mené par les Divisions technique et de renseignement de l'Air Materiel Command arriva aux mêmes conclusions[51], à savoir que « le phénomène correspond à quelque chose de réel et non à des visions. Ce sont des objets en forme de disque, d'apparence métallique, et gros comme des avions. » Leurs caractéristiques sont une « une vitesse ascensionnelle et une maniabilité extrêmes », une absence de bruit en général, une absence de traînée, des vols à l'occasion en formation et un comportement « fuyant dès qu'ils sont repérés par un avion ou un radar sans intention hostile ». La directive Air Force 200-2 de 1954 définit un ovni comme étant « tout objet aéroporté ayant un comportement, des caractéristiques aérodynamiques ou des particularités insolites ne correspondant à aucun type d'avion ou de missile connus, ou ne pouvant être absolument assimilées à un objet familier ». Cette directive stipule que les ovnis de catégorie B doivent être étudiés en tant que «  menace éventuelle pour la sécurité des États-Unis » et qu'il faut en déterminer « les aspects techniques afférents ». En outre, le personnel de l'Armée de l'air est sommé de ne pas discuter avec la presse des cas non élucidés. On recommande donc, fin septembre 1947, qu'une étude officielle du phénomène soit mise en place par l'Armée de l'air. Il s'ensuit la création du projet Sign[52] fin 1947, lequel devient le projet Grudge[53] fin 1948, puis le Projet Blue Book[54] en 1952. Blue Book prend fin en 1970, mettant un terme aux investigations officielles des Forces aériennes dans ce domaine.

L'usage de l'appellation ovni à la place de « soucoupe volante » fut suggérée par le capitaine Edward J. Ruppelt, premier directeur du Projet Blue Book, estimant que le terme de « soucoupe volante » ne reflète pas la diversité des observations. Ruppelt relate son expérience dans un mémoire : The Report on Unidentified Flying Objects[55] (1956), premier livre à employer le terme UFO (prononcé you-foe par l'auteur mais qui est plus généralement épelé).

Le projet Sign fut la première étude scientifique officielle de l'Armée de l'air américaine sur les ovnis à la suite des premières apparitions de soucoupes volantes. Ce projet, qui voit le jour fin 1947 sous l'impulsion du général Nathan F. Twining, a pour quartiers la base aérienne de Wright-Patterson, dans l'Ohio. Il est placé sous le commandement du capitaine Robert R. Sneider. Bien que le projet ait été classifié "d'accès restreint", son existence est connue du grand public, souvent sous l'appellation de "projet Soucoupe". Le projet engage aussi des conseillers scientifiques, comme l'astronome américain Josef Allen Hynek, chargé de distinguer les cas de confusions avec des étoiles ou des météorites.

La première entreprise de grande envergure du projet Sign fut l'étude du célèbre incident de Mantell. Les enquêteurs de Sign arrivèrent à la conclusion que Mantell avait confondu la planète Vénus (en plein après-midi) et qu'il avait été victime d'une défaillance d'oxygène. Ils n'expliquèrent cependant pas les observations concordantes de témoins au sol, ni pourquoi l'avion avait explosé en plein vol.

Au fil des enquêtes, les enquêteurs de Sign devinrent plus favorables à l'hypothèse extraterrestre et remirent une Estimation de la situation au Pentagone. Dans ce rapport, les scientifiques de Sign expliquent en quoi l'hypothèse extraterrestre est selon eux la plus plausible pour expliquer la nature des ovnis les plus mystérieux. Elle fut cependant rejetée par le général Hoyt S. Vandenberg. Quelques mois plus tard, elle fut rendue publique et plus ou moins oubliée. Le Projet Sign fut remplacé par le Projet Grudge fin 1948.

Le Projet Grudge fut la seconde étude officielle de l'US Air Force chargée d'étudier le phénomène ovni entre 1949 et 1952. Dirigé par le général Charles Cabell, le Projet fut très controversé en raison d'un certain nombre de démystifications douteuses. Certains y virent une tentative de désinformation de l'US Air Force en réponse aux conclusions du projet Sign.

Comme Sign, Grudge avait établi que la majorité des cas d'ovnis étaient dûs à des méprises. Mais alors que les enquêteurs du projet Sign avaient admis l'existence de cas mystérieux et non identifiés, les enquêteurs du projet Grudge affirmèrent que tous les cas non identifiés étaient probablement causés par des phénomènes connus. Les enquêteurs du projet Grudge lancèrent une campagne de relations publiques pour expliquer cela aux Américains.

En août 1949, le personnel de Grudge rendit son rapport, y affirmant que toutes les analyses indiquaient que les observations d'ovnis découlent:

  1. d'une méprise avec des objets classiques,
  2. d'une forme d'hystérie collective et de nervosité,
  3. d'individus qui inventent ces observations,
  4. de personnes atteintes de troubles psychiatriques.

Comme le soulignera en 1956 à propos du projet Grudge le futur chef du projet Blue Book (Edward J. Ruppelt dans son livre intitulé The Report on Unidentified Flying Objects): « Avec le changement de nom et de personnel, vint le changement d'objectif, clairement affiché, qui était de se débarrasser des ovnis. Ce ne fut jamais écrit nulle part, mais il ne fallait guère d'efforts pour voir qu'il s'agissait là du véritable objectif du Projet Grudge. Ce but inavoué transparaissait dans chaque note de service, rapport ou directive ».

Le lieutenant Jerry Cummings, nommé responsable du projet Grudge au début de l'été 1951, déclara : « Tout le monde se moque des enquêteurs du Grudge. Sur l'ordre du patron de l'ATIC, le général Harold Watson, les employés du projet Grudge déprécient systématiquement les rapports qui leur sont envoyés. Leur seule activité consiste à proposer des explications nouvelles ou originales pour plaire à Washington »[56]. L'astronome américain Josef Allen Hynek, une fois devenu partisan de l'hypothèse extraterrestre, critiqua Grudge pour les mêmes raisons. C'est pour cela que le projet Grudge est généralement perçu par les ufologues défendant l'hypothèse extraterrestre comme une opération de démystification visant à désintéresser la population des ovnis.

Le capitaine Edward J. Ruppelt prend, le 12 septembre 1951, la direction du projet Grudge qui deviendra le projet Blue Book l'année suivante.

Le projet Blue Book, dirigé par le capitaine Edward J. Ruppelt, fut la plus célèbre des études américaines sur le phénomène ovni. Les trois objectifs officiels du projet Blue Book étaient :

  1. de trouver une explication pour l'ensemble des témoignages d'observations d'ovnis,
  2. de déterminer si les ovnis représentent une menace pour la sécurité des États-Unis,
  3. de déterminer si les ovnis présentent une technologie avancée que les États-Unis pourraient exploiter.

À cela, vint s'ajouter le rôle de porte-parole gouvernemental sur le phénomène ovni qui obligea, à de nombreuses reprises, les enquêteurs du projet Blue Book à délaisser l'aspect scientifique pour répondre à des considérations plus politiques.

Le projet Blue Book examina 10 147 cas, dont 9 501 furent expliqués. [57] Mais sur les 3 201 cas retenus pour l'analyse statistique, il ressort que les cas avérés mais inexpliqués représentent 22 % de l'ensemble, et que ce taux atteint 38 % pour les rapports faits par des observateurs militaires qualifiés (pilotes, contrôleurs, services de sécurité). Outre les 10 147 rapports d'observation, les archives du projet Blue Book comprennent 8 360 photos, 20 bobines de film (ce qui représente 6h30 de film) et 23 enregistrements audio d'interviews de témoins.

Cette commission se divisera en une section d'étude, une section d'investigation, un agent de liaison avec le Pentagone et des conseillers scientifiques civils. Les observations d'ovnis très médiatisées se multipliant au cours de l'année 1952, les hautes sphères du gouvernement commencent à s'intéresser de très près à ce phénomène et décident d'accentuer les investigations dans ce domaine. En septembre 1953, le capitaine Ruppelt démissionne de son poste. Le capitaine Charles Hardin reprend la direction du projet en mars 1954. Devant faire face à de nombreuses attaques sur l'opacité de l'armée à propos du phénomène ovni, le capitaine décide de rendre public le rapport spécial n° 14 du projet Blue Book. Ce rapport, qui conclut à l'inexistence des ovnis, est mis en vente auprès du grand public en octobre 1955.(Battelle Mémorial Institute, Spécial Report # 14 and the Proceeding Status of Report of Project Stork, 1952; disponible ici :[12]) Le capitaine George T. Gregory est nommé à la tête du projet en avril 1956. Il sera remplacé par le major Robert J. Friend en octobre 1958. En avril 1963, le projet Blue Book passe sous les ordres du major Hector Quintanilla. En mars 1966, une observation d'ovni très médiatisée et les prises de position sceptiques de l'US Air Force amènent plusieurs scientifiques civils du projet (dont Josef Allen Hynek) à prendre publiquement parti pour la réalité du phénomène ovni et, donc, contre la position officielle du projet Blue Book.

Ces divergences amèneront le gouvernement américain à commanditer, en 1969, un rapport d'experts auprès du docteur Edward Condon, de l'Université du Colorado, afin d'établir ou non la réalité du phénomène ovni. Ce rapport portant sur une centaine de cas fut rendu public en 1969 sous le nom de rapport Condon[58]. Environ 15 % des cas d'ovnis étudiés par le comité Condon en 1969 ont été considérés comme inexpliqués une fois passés en revue par l'Institut américain de l'aéronautique et de l'astronautique (AIAA). Néanmoins, les rédacteurs du rapport Condon conclurent qu'il n'y avait pas de preuves suffisamment solides pour soutenir l'hypothèse extraterrestre et donc que les études sur le phénomène ovni devaient être abandonnées. Le rapport commence par une phrase résumant leurs conclusions: « Notre conclusion générale est que l'étude des ovnis durant ces vingt et une dernières années n'a rien apporté à la connaissance scientifique. L'examen soigneux du dossier tel qu'il nous est disponible nous amène à conclure que d'autres études approfondies des ovnis ne peuvent probablement pas se justifier par l'espoir qu'elles pourraient faire progresser la science. » Ils ajoutèrent que le phénomène ovni n'était probablement dû qu'à des méprises complexes avec des phénomènes prosaïques, mais qu'une frange de 6 à 10 % de cas résistait à l'analyse critique et devait relever de cas d'hallucinations ou de canulars. Le rapport Condon fut une étape importante dans le développement du modèle sociopsychologique du phénomène ovni, qui reste aujourd'hui la position majoritaire au sein de la communauté scientifique traditionnelle.

L'objectivité de ce rapport fut mise en doute par la suite en raison des conclusions apparemment contradictoires qui y figurent. L'astronome Joseph Allen Hynek, sollicité pour faire partie du comité Condon, affirme avoir refusé d'y participer au vu d'un document introductif distribué par Condon à tous les membres de la commission et qui indiquait, avant le début de toute enquête, les conclusions négatives auxquelles ceux-ci devaient parvenir (plus tard, des documents de la CIA rendus publics révélèrent que le phénomène ovni risquait d'entraîner des "désordres" sociaux et qu'il était donc vivement recommandé que tout soit mis en oeuvre pour désintéresser le public américain de ce sujet). Le rapport suggérait entre autres que des scientifiques reçoivent une formation qui leur permette de ramener le contenu des observations à un ensemble de phénomènes naturels.

Le projet Blue Book sera donc officiellement dissous en décembre 1969 et cessera toute activité en janvier 1970. Conservées jusqu'en 1974 dans les archives de l'Armée de l'air américaine, les archives du projet Blue Book sont stockées depuis 1976 aux archives nationales américaines et consultables en ligne. [59]

Bien que l'affirmation selon laquelle les astronomes n'ont jamais rapporté de témoignage sur les ovnis soit courante, l'US Air Force rapporte qu'environ 1 % des témoignages sur lesquels reposent le Projet Blue Book proviennent d'astronomes professionnels ou amateurs. Au cours des années 1950 le professeur Joseph Allen Hynek avait questionné une quarantaine de ses collègues, dont un peu plus de 10 % avaient effectivement observé des phénomènes inexpliqués. Hynek cite notamment le professeur La Paz, directeur de l'Institut de météorisme de l'université du Nouveau-Mexique, et Clyde Tombaugh, découvreur de la planète Pluton, décédé en 1997. Dans les années 1970, le professeur Peter A. Sturrock a repris le sujet de façon exhaustive, en adressant un questionnaire détaillé aux 2611 membres de l'Association astronomique américaine, en leur garantissant l'anonymat. La moitié a répondu et on trouve une soixantaine d'observations, soit environ 5 %. On peut donc dire qu'on trouve chez les astronomes un pourcentage d'observations de PAN comparable à celui de la population générale.

Les enquêtes françaises [modifier]

La France, également, créa plusieurs organismes de recherche sur le sujet.

Le Groupe d'étude des phénomène aérospatiaux non identifiés (GEPAN) était un organisme officiel français dépendant du CNES situé à Toulouse et chargé de l'étude du phénomène ovni. Créé en 1977 sous l'impulsion de Claude Poher, cet organisme avait pour but de réaliser des études sur le phénomène ovni et de coordonner les rapports de la gendarmerie nationale, l'aviation civile, l'armée de l'air et Météo-France en la matière. Il est l'auteur de nombreuses études statistiques. Une autre de ses missions était d'informer le public sur les ovnis, en rédigeant les Notes techniques (tcomme la Note Technique 16 sur le cas de Trans-en-Provence en 1981). Son premier président fut Claude Poher, de 1977 à 1978. Au début, il était seul avec une secrétaire à s'occuper du GEPAN, mais bénéficiait cependant de la collaboration officieuse d'autres membres du CNES comme Jean-Jacques Velasco. Il réussira, malgré tout, à obtenir plus de moyens et de personnel. En 1978, le GEPAN compte une dizaine de membres et est supervisé par un conseil scientifique de sept savants et ingénieurs (avec entre autre Hubert Curien). Par ailleurs, d'autres scientifiques français intéressés par les ovnis collaborent avec le GEPAN, comme Jean-Pierre Petit, et Poher noue des contacts avec certaines associations ufologiques. Le 30 décembre 1978, Poher, démissionnaire, est remplacé par le mathématicien Alain Esterle, qui sera directeur du GEPAN jusqu'à sa démission en 1983. La direction d'Esterle correspond à la période faste du GEPAN. Les crédits augmentent et Esterle dynamise l'activité de l'organisation, qui travaille alors à pleine vitesse. En 1983, la hiérarchie du CNES accule Esterle à la démission. En effet, le GEPAN et l'armée ont mené des expériences de MHD dans le dos de Jean-Pierre Petit, qui avait pourtant lancé l'idée. Par crainte du scandale, Esterle est donc congédié. Jean-Jacques Velasco, spécialiste en optique, le remplace au poste de directeur, entre 1983 et 1988. Le GEPAN est alors contesté. En plus de l'affaire MHD, beaucoup de savants rationalistes contestent la raison d'être du GEPAN, tandis que les ufologues critiquent la réserve et la prudence qu'observe l'organisme sur les ovnis. De plus, le CNES diminue son soutien au GEPAN. À partir de 1983, le Conseil scientifique est supprimé, la publication des Notes techniques arrêtée et l'activité de l'organisme s'essouffle. Finalement, en 1988, le GEPAN est remplacé par le SEPRA.

Le Service d'expertise des phénomènes de rentrée atmosphérique (SEPRA) avait deux objectifs : prévoir et étudier les rentrées atmosphériques de météores et de satellites et analyser les informations concernant les PAN (phénomènes aérospatiaux non identifiés, dénomination officielle des ovnis au CNES). En 2000, l'étude des rentrées atmosphériques lui fut retirée, l'obligeant à se consacrer uniquement à l'étude des PAN. Contrairement au GEPAN, le SEPRA n'a jamais été doté de vrais moyens de mener des investigations rigoureuses, et n'a jamais publié de notes techniques pour rendre publiques ses conclusions. Le SEPRA ne pouvait pas engager des enquêtes scientifiques de son propre chef, mais avait accès à tous les rapports de gendarmerie sur les ovnis, ainsi qu'aux dossiers des compagnies aériennes sur les observations effectuées par leurs pilotes. En 2001-2002, le CNES, désireux de supprimer le SEPRA, lança un audit auprès de trente-trois personnalités scientifiques, politiques et militaires, sur la nécessité d'étudier le phénomène ovni. Le résultat de cet audit, à savoir que l'étude des ovnis peut avoir un intérêt scientifique, sauva provisoirement le SEPRA. Cependant, en 2004, officiellement à cause de sa réorganisation interne, le CNES décida de supprimer le SEPRA, mais la vraie raison était la prise de position de M. Velasco en faveur de l'origine extraterrestre de certains ovnis et à la publication d'un livre[60]. Le SEPRA renaîtra cependant de ses cendres en 2005 sous le nom de GEIPAN.

Le Groupe d'étude et d'information sur les PAN (GEIPAN) est placé sous l’égide d'un comité de pilotage qui donne au CNES ses recommandations sur ses orientations et son fonctionnement. Présidé par Yves Sillard, ancien directeur général du CNES, il comprend quinze membres, représentant les autorités civiles et militaires françaises (gendarmerie, police, sécurité civile, DGAC, armée de l'air) et le monde scientifique (CNRS, Météo-France, CNES). Parmi les quelque mille six cents cas présents dans les dossiers du CNES, certains restent inexplicables « en dépit de la précision des témoignages et de la qualité des éléments matériels recueillis », après enquête du GEIPAN. Ces cas sont désignés sous l'appellation de « phénomènes aérospatiaux de catégorie D » ou « PAN D ».

Il ressort de cette étude menée par des enquêteurs du GEIPAN les chiffres suivants :

À noter que si un établissement public comme le GEIPAN répertorie les cas civils d'enquêtes sur les ovnis, il existe un autre établissement, celui-là militaire (dont l'existence a été rendue publique au Journal Officiel du 12 janvier 1955), la Section d'Etude des Mystérieux Objets Célestes, ou SEMOC. Ses archives sont classées secret Défense, contrairement à celles du GEIPAN.

A l'échelle de l'Union Européenne, le "Committee on Energy, Research and Technology" devait étudier l'opportunité d'une recherche sur les ovni. En février 1993 le rapporteur de la commission sur ce sujet, le physicien italien Tullio Regge recommandait la mise en place d'une recherche européenne sur le modèle du SEPRA de l'époque. Cette résolution ne fut pas discutée au Parlement Européen pour des raisons politiques et budgétaires, mais en aucun cas pour des raisons scientifiques. La situation à depuis évolué en France avec la création du GEIPAN et la mise en ligne de la totalité de ses archives. Depuis l'ouverture au public de ces archives le 22 mars 2007[61], on constate que de nombreuses personnes ayant suivi un cursus scientifique (qu'il s'agisse des pilotes de lignes ou des contrôleurs aériens) ont été témoins d'observations. Ces observations faites par du personnel soumis régulièrement à des tests psychologiques et recruté entre autres pour leur bonne vue sont hautement crédibles. De nombreuses observations faites par des ingénieurs de l'aviation ont été répertoriées par le GEIPAN.[62]

Les enquêtes canadiennes [modifier]

En 1950, le gouvernement canadien crée le projet Magnet, sous l'égide de l'ingénieur James Wilbert Brockhouse Smith, lequel gère le projet jusqu'à sa dissolution en 1954. Ce projet est notamment marqué par les déclarations de son directeur qui, dès 1953, tient publiquement les propos suivants : « Il apparaît alors que nous sommes face à une forte probabilité de l'existence réelle de véhicules extraterrestres, indépendamment de leur accord avec notre vision des choses. »

Le Ministère de la défense nationale a mené des enquêtes sur les ovnis tout autour du Canada, plus notamment à Duhamel, Alberta, à Falcon Lake, au Manitoba et à Shag Harbour[63].

Autres pays [modifier]

Par ailleurs, dans d'autres pays, l'armée (Royaume-Uni ou l'Espagne par exemple), les services de renseignements (KGB en Union soviétique), ou des agences civiles (Pérou) ont enquêté sur le phénomène ovni.

Ufologie [modifier]

L'ufologie est une discipline qui consiste à recueillir, analyser et interpréter tout ce qui se rapporte au phénomène ovni (photographies, témoignages, traces au sol, etc.). Elle est née dans les années 1950, en même temps que la médiatisation de l'observation de Kenneth Arnold et de l'incident de Roswell, traduisant le besoin chez certaines personnes de comprendre le phénomène et de s'informer à son sujet. Ce qui caractérise l'ufologie, c'est qu'elle consiste en une étude non-officielle des ovnis, contrairement aux études officielles de l'US Air Force ou du CNES par exemple. Contrairement à une idée reçue, l'ufologie n'a pas vocation à défendre l'hypothèse extraterrestre des ovni. En effet, de nombreux ufologues étudient l'aspect sociopsychologique de ce phénomène, d'autres mêmes défendent des théories paranormales.

Parmi les ufologues, on retrouve des scientifiques et des ingénieurs mais généralement des gens n'ayant aucune formation scientifique. L'ufologie est souvent considérée comme une pseudo-science par ses détracteurs.

Associations d'étude [modifier]

De très nombreuses associations à travers le monde étudient les ovnis. Si certaines ne sont pas fiables, voire affichent leur sectarisme, d'autres en revanche sont sérieuses. Parmi elles :

Classification de Hynek [modifier]

Josef Allen Hynek (1910-1986) était un astronome et ufologue américain. Il est célèbre pour avoir été conseiller scientifique du projet Blue Book entre 1951 et 1969. La « classification de Hynek » est une méthode de classification des observations d'ovnis non imputables, après enquête, à un canular, une hallucination ou une méprise. Elle à été proposée en 1972 par Josef Allen Hynek, dans son livre L'Expérience des ovnis : une étude scientifique (The UFO Experience: A Scientific Study en anglais).

Le système est le suivant, du cas le plus plus banal au moins commun :

Par ailleurs, d'autres ufologues ont ultérieurement ajouté d'autres types :

Cas inexpliqués: interprétations et hypothèses [modifier]

Les statistiques issues d'études d'organismes gouvernementaux officiels indiquent que la majorité des témoignages d'ovnis reposent sur une identification erronée (méprise), les canulars et les causes sociopsychologiques expliquant seulement quelques pourcentages de tous les cas. Mais malgré les cas résistant aux études scientifiques menées sur le sujet, beaucoup de sceptiques (parmi eux des scientifiques) considèrent que tous les cas d'ovnis pourraient finalement être dûs à des phénomènes prosaïques tels qu'une identification erronée de phénomènes naturels ou d'engins d'origine humaine (connus ou pas), des canulars et à des phénomènes sociopsychologiques (connus ou pas) tels que des méprises complexes, des illusions d'optiques, un phénomène optique, une paralysie du sommeil (explication souvent donnée pour les prétendues abductions extraterrestres). La plupart des sceptiques considèrent que le phénomène ovni ne va pas au-delà de cet aspect psychosocial. C'est sur ce point précis qui tend à expliquer tous les cas, même inexpliqués, par le modèle sociopsychologique du phénomène ovni, que certains ufologues et scientifiques contestent les sceptiques en estimant que les enquêtes officielles menées sur le sujet par différents gouvernements n'ont pas permis de déterminer la nature de l'ensemble des ovni et invitent à la poursuite des recherches. D'autres vont plus loin en estimant qu'une frange de cas inexpliqués pourrait être due à des visites extraterrestres de la Terre ou à l'existence d'armes volantes non-identifiées (avni) dont l'existence n'a pas encore été rendue publique.

Le modèle sociopsychologique [modifier]

Le mouvement sceptique contemporain privilégie le modèle sociopsychologique et critique vivement l'hypothèse extraterrestre (une partie des sceptiques, dite modérée, ne rejette pas catégoriquement l'HET, mais refuse simplement de se prononcer pour ce qui est des cas inexpliqués) et l'hypothèse paranormale (nommée aussi l'Hypothèse extraterrestre au second degré).

Les défenseurs du modèle sociopsychologique considèrent que toutes les observations ont une origine prosaïque connue ou pas (méprise, phénomène sociopsychologique, etc.). Claude Maugé a proposé d'utiliser à la place du terme de modèle sociopsychologique celui deThéorie Réductionniste Composite[67]. Un ouvrage écrit par David Rossoni, Éric Maillot et Éric Déguillaume (de l'Observatoire Zététique), intitulé Les ovnis du CNES – 30 ans d’études officielles[68], et présentant des explications pour certains cas inexpliqués par le CNES sortira en librairie fin 2007. Il est cependant déjà disponible à la consultation en ligne sur internet (extraits de l'ouvrage).

Aux États-Unis, le modèle sociopsychologique est défendu par le Committee for Skeptical Inquiry (anciennement Committee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal ou CSICOP). Il s'agit d'une des organisations les plus importantes du mouvement sceptique contemporain, avec la Skeptics Society. Les sceptiques définissent le phénomène ovni comme étant « le fait que des personnes témoignent avoir vu quelque chose qui volait et qu'elles n'ont pas su identifier ». Le modèle sociopsychologique consiste essentiellement à appliquer la méthode scientifique et la pensée critique au phénomène ovni, technique connue sous le nom de debunking (démystification). Les sceptiques travaillant dans le cadre du modèle sociopsychologique considèrent généralement l'ufologie comme une pseudo-science et l'HET comme une croyance, croyance adaptée à notre culture post-moderne où la technologie tient une place prépondérante. Bertrand Méheust parle à ce propos de « merveilleux technologique ». Ils fondent leur raisonnement en partie sur le principe du rasoir d'Ockham, selon lequel l'explication la plus simple à un phénomène a priori inexplicable ou paranormal est toujours la meilleure et doit être privilégiée au détriment de thèses plus compliquées, particulièrement lorsqu'elles incluent des éléments non prouvés comme par exemple des visites extraterrestres de la Terre.

Un point essentiel du débat entre défenseurs du modèle sociopsychologique et défenseurs de l'HET est le manque de preuves matérielles en faveurs de l'hypothèse extraterrestre. Une preuve concluante de visite extraterrestre de la Terre pourrait par exemple être du matériel biologique extraterrestre examinable par l'ensemble de la communauté scientifique (comme un extraterrestre mort ou vif) ou un vaisseau spatial extraterrestre. Les rares débris d'objets écrasés au sol présentés ont été largement remis en cause par la communauté scientifique, comme celui de l'incident de Roswell.

Les sceptiques émettent aussi des doutes sur la possibilité qu'une civilisation extraterrestre puisse visiter la Terre en se basant sur la théorie de la relativité (selon laquelle il est a priori impossible d'atteindre une vitesse supraluminique, ce qui rend les voyages interstellaires beaucoup trop longs) et sur le paradoxe de Fermi.

Enrico Fermi a émis la supposition de l'existence d'une seule civilisation extraterrestre capable de voyage intersidéral (à une vitesse toutefois inférieure à la vitesse de la lumière). Il a supposé cette civilisation intéressée à la conquête de la galaxie (quels qu'en soient les buts) et progressant par bonds, colonisant une planète pendant quelques centaines ou milliers d'années, puis envoyant des dizaines de vaisseaux vers de nouvelles conquêtes. Le problème est que, après seulement quelques centaines de milliers d'années, l'ensemble de la Galaxie devrait être sous l'emprise de cette civilisation extraterrestre (la faible vitesse de déplacement des vaisseaux est largement compensée par l'augmentation exponentielle du nombre de vaisseaux de colonisation). Enrico Fermi se demanda donc : « Si les extraterrestres existent, mais où sont-ils donc ? ». Plusieurs hypothèses ont été faites pour expliquer ce paradoxe :

Arguments sociopsychologiques [modifier]

Les statistiques issues de différentes études publiques ou privées sur le phénomène ovni indiquent que la plupart des observations d'ovnis sont la conséquence d'une méprise involontaire avec des engins terrestres ou avec des phénomènes astronomiques (comète, bolide, etc.), météorologiques (foudre en boule, altocumulus lenticularis par exemple) ou avec des objets volants d'origine humaine (avion, ballon sonde, etc.). La planète Vénus est souvent associée à un objet artificiel. En effet sa luminosité est de magnitude -4, c'est-à-dire extrêmement brillante. Quand on la fixe un certain temps, on peut avoir l'impression qu'elle bouge. Dans certaines conditions particulières, il arrive que le scintillement d'une étoile prenne des proportions extraordinaires : on décrit ainsi des « étoiles qui dansent ». Les perturbations des hautes couches de l'atmosphère sont responsables de ces phénomènes.

Dans certains cas, il existe aussi le phénomène de méprise complexe qui désigne les cas où le témoin a confondu un objet prosaïque avec un ovni, mais qu'il a cependant soucoupisé [69](voir aussi illusion d'optique et phénomène optique). Sa perception transforme le stimulus qui sert de support à l'observation en lui ajoutant des détails, augmentant par là son degré d'étrangeté, et le rapprochant du prototype ovni (soucoupe volante, triangle de la Vague Belge, etc.) véhiculé par la culture ambiante. Ainsi, il a été démontré que dans de nombreux cas des témoins peuvent prendre des étoiles (ou la lune, un nuage, etc...) pour des vaisseaux spatiaux extraterrestres.

Philip J. Klass a proposé une hypothèse générale pour les vagues d’ovnis : « Lorsque la couverture médiatique conduit le public à croire qu'il y a des ovnis dans les environs, il y a de nombreux objets naturels ou artificiels qui, particulièrement lorsqu'ils sont vus la nuit, peuvent prendre des caractéristiques inhabituelles dans l'esprit d'un observateur plein d'espoir. Leurs observations d'ovnis s'ajoutent en retour à l'excitation de masse, ce qui encourage encore plus de témoins à chercher à voir des ovnis. Cette situation se nourrit d'elle-même jusqu'à ce que les médias perdent leur intérêt pour le sujet, et alors le phénomène retombe. » [70]. Ce phénomène de contagion sociologique est assez proche de l'hystérie collective.

Certains enquêteurs peuvent influencer volontairement ou involontairement le témoin en posant des questions guidantes. Il suffit que l'enquêteur pose des questions « orientées » pour fausser le témoignage et le rendre plus étrange. Ce phénomène de distorsion du témoignage est bien connu des psychologues et a été abondamment étudié expérimentalement, notamment par Elisabeth Loftus.

La problématique ovni est intimement liée à celle du témoignage. La vision humaine, de par la faible distance entre les deux yeux, a une parallaxe faible et donc ne peut estimer correctement la profondeur de champ (et les distances) que dans un environnement immédiat. Très souvent il arrive au témoin de donner plus de poids à ce qu'il a vu, ou cru voir, en amplifiant certaines parties de son récit.

L'un des arguments des sceptiques concerne l'absence du moindre artéfact extraterrestre. Il peut en effet être troublant de constater que les ovnis et leurs occupants ont pendant près de 60 ans sillonné la Terre sans pour autant laisser sur le terrain le moindre objet extraterrestre.

Néanmoins, les ufologues considèrent que cet argument n'en est pas un. Premièrement parce qu'un gouvernement récupérant des débris d'ovnis n'irait pas « le crier sur les toits » pour des raisons stratégiques, militaires et politiques évidentes. Cet argument relève selon les sceptiques de la Théorie du complot, car non prouvé. Deuxièmement parce que penser qu'on puisse récupérer des objets abandonnés sur le terrain revient à considérer les éventuels extraterrestres comme des étourdis, chose difficile à croire de la part d'expéditionnaires en mission sur une planète étrangère.

Exemples d'application [modifier]

Voici une liste non-exhaustive de cas a priori inexpliqués pour lesquels les sceptiques proposent des explications. Les cas sont classés chronologiquement.

L'hypothèse extraterrestre

Dans le cadre du phénomène ovni, les partisans de l'HET tendent à considérer certains cas résistant à toute explication prosaïque ou sociopsychologique (entre 15 et 30% des cas selon les enquêtes) comme pouvant être la manifestation d'une civilisation extraterrestre qui aurait atteint un niveau technologique très supérieur au nôtre et viendrait examiner la Terre et ses habitants. Des ufologues, des ingénieurs et des scientifiques ayant étudié des cas d'ovnis particulièrement troublants (comme par exemple ceux classés PAN D par le GEIPAN, caractérisés par la « qualité des éléments recueillis et la précision des témoignages ») estiment que l'hypothèse extraterrestre ne doit raisonnablement pas être écartée à priori dans ce genre de situations tant que le phénomène ovni n'est pas expliqué dans son ensemble grâce à une autre solution. [79]

Parmi les scientifiques soutenant l'hypothèse extraterrestre ou considérant simplement que celle-ci peut être envisagée on peut noter Stanton Friedman[80] et Joseph Allen Hynek[81] aux États-Unis et en France Jean-Pierre Petit (ancien directeur de recherche au CNRS), Jean-Jacques Velasco[82] (ancien directeur du SEPRA) ou encore Pierre Lagrange (sociologue des sciences et spécialisé dans l'étude des "parasciences") qui déclara « Derrière le terme ovni se cache en fait toute une série de phénomènes différents. Pour construire une véritable problématique scientifique, il faudrait d'abord tenter de faire entrer chaque phénomène inexpliqué dans une catégorie précise. L'hypothèse extraterrestre serait l'une d'entre elles. Il y a encore peu de temps, on ne soupçonnait pas l'existence des farfadets, ces éclairs lumineux qui ont lieu dans la très haute atmosphère. La preuve que les soucoupes volantes sont des engins extraterrestres n'est pas encore acquise, loin de là ! Mais l'absence d'études sérieuses ne permet pas de faire avancer le sujet... » [83]

L'hypothèse extraterrestre est fondée en partie sur la possibilité de l'existence d'êtres extraterrestres dans l'univers. Ses défenseurs tiennent compte pour cela des résultats de l'équation de Drake (suggérée par Frank Drake dans les années 1960 afin de tenter d'estimer l'espérance mathématique du nombre de civilisations extraterrestres dans notre galaxie avec qui nous pourrions entrer en contact), même si celle-ci est critiquée en raison de la grande marge d'erreur à l'heure actuelle pour chaque variable intervenant dans l'équation. On part du principe que si l'homme est un produit d'évolution naturel (non créé artificiellement ou préexistant), alors des entités semblables ou plus évolués peuvent exister en de nombreux endroits de l'univers, compte tenu du très grand nombre d'étoiles. Il s'agit simplement de multiplier le nombre d'étoiles dans l'univers par la probabilité pour qu'elles hébergent une civilisation dans leur orbite (cette probabilité est elle-même le produit de la probabilité pour que l'étoile ait des planètes, multipliée par la probabilité pour qu'une planète soit à la bonne distance de l'étoile, et encore d'autres paramètres). L'estimation actuelle du nombre d'étoiles dans l'univers observable est de 7×10²² étoiles (environ 100 milliards de galaxies, notre propre galaxie, la Voie lactée, contenant environ 300 milliards d'étoiles, soit environ autant qu'il y a d'atomes dans 1,4 gramme de carbone. On donne généralement comme fourchette pour le nombre de civilisations existant probablement dans la galaxie: entre 20 et plusieurs millions.[84] Certains scientifiques (Peter Ward et Donald Brownlee dans leur livre Rare Earth) ajoutent encore des paramètres à l'équation (par exemple la probabilité d'avoir dans le système stellaire une planète comme Jupiter jouant le rôle de bouclier à astéroïdes pour la planète abritant la vie), et concluent qu'une civilisation comme la nôtre pourrait dans ce cas être unique.

Mais si des civilisations plus avancées existent, cela ne signifie pas qu'elles peuvent nous rendre visite. La théorie de la relativité montre en effet qu'il existe une vitesse limite (la vitesse de la lumière), et même si la contraction des durées (dont l'exemple le plus célèbre est le Paradoxe des jumeaux) montre que pour le voyageur, le temps de parcours peut être très bref, cela ne rend pas forcément une exploration à grande échelle possible. Les partisans de l'HET soulignent que la relativité restreinte n'est pas nécessairement une théorie complète de l'univers et que le niveau des connaissances technologique humaines actuelles ne permet raisonnablement pas de juger ces voyages impossibles. D'autres scientifiques considèrent qu'il est scientifiquement possible de contourner l'inapplicabilité du dépassement de vitesse de la lumière tout en respectant la relativité restreinte (vitesse supraluminique, pour l'heure en théorie seulement) en utilisant le concept de Trou de ver ou la métrique d'Alcubierre.

Le deuxième élément, le plus important, se base sur l'étude des témoignages, les enregistrements radars, l'apparente "nature intelligente" du phénomène, les performances alléguées des ovnis ou encore les traces physiques, très rares et très contestées. Depuis quelques années, des interrogations sont nées en raison des similarités entre la propulsion magnétohydrodynamique (MHD) et les capacités alléguées des ovnis. En effet, un tel mode de propulsion est caractérisé, entre autres, par l'absence de bruit ou de "bang" supersonique, des accélérations brutales et une "luminosité" de l'objet due à l'ionisation du fluide alentour par des micro-ondes. Ces caractéristiques de la propulsion MHD sont typiques des observations d'ovnis et selon certains scientifiques ce serait la preuve que le phénomène ovni est une manifestation d'une civilisation extraterrestre utilisant la MHD comme mode de propulsion "intrafluidique", c'est-à-dire dans l'air ou dans l'eau (la MHD ne fonctionnant que dans un fluide).[85]

Il existe différentes interprétations de l'hypothèse extraterrestre, depuis celles qui considèrent les ovnis comme de simples vaisseaux spatiaux explorant ponctuellement la Terre à celles qui envisagent le phénomène ovni comme l'expression d'une présence permanente d'une civilisation extraterrestre sur notre planète.

L'hypothèse de non-ingérence 

L'hypothèse de non-ingérence, plus communément appelée hypothèse du zoo, fut proposée par John A. Ball en réponse au Paradoxe de Fermi, au sujet de l'apparente absence de preuves de l'existence d'une vie extraterrestre. Pour les partisans de cette hypothèse, les extraterrestres existeraient bien et seraient assez avancés technologiquement pour pouvoir communiquer et entrer en contact avec nous. Néanmoins, rien ne permet de dire que ces visiteurs souhaitent vraiment être connus de manière évidente trop rapidement. En effet l'avance qui permettrait à une civilisation « de Fermi » de nous connaître suppose une évidente maturité du voyage, des explorations et des rencontres. Elle implique sans doute aussi un niveau de connaissances et une différence, peut-être inimaginables pour nous, dans les domaines technique, technologique, culturel, spirituel même. Ils pourraient donc se contenter de nous observer de loin, sans essayer d'interagir avec nous, de la même façon que tout contact est désormais interdit avec certaines tribus amazoniennes pour ne pas les perturber et, à terme, les détruire. C'est ce qui risquerait probablement de se produire pour nos civilisations en cas de contact brutal avec des extraterrestres.

En 1973, John A. Ball, proposa "l'hypothèse du zoo" dans la revue Icarus[86], une revue internationale sur les études du système solaire. En tant que radioastronome affecté au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, il avança très sérieusement l'idée que la Terre était un zoo et que des extraterrestres étaient chez nous, déjà occupés à nous observer. Ball fut tourné en dérision par de nombreux scientifiques pour sa théorie, parce qu'elle impliquait l'existence d'extraterrestres vivant parmi nous. Le mot "zoo" fut peut-être mal choisi car il implique inévitablement la comparaison avec des animaux dans des réserves naturelles observés et étudiés avec une curiosité scientifique.

La thèse AVNI 

Arme volante non-identifiée (avni, acronyme inspiré d'ovni) est une appellation qui désigne selon les auteurs:

  1. soit des observations d'ovnis s'expliquant par des essais d'engins militaires en développement, dont l'existence est plus ou moins connue du grand public (Jean-Pierre Pharabod utilise ce concept de cette façon),
  2. soit des prototypes militaires ultrasecrets qui utiliseraient une technologie inconnue du grand public (Jean-Pierre Petit utilise ce concept de cette façon), dont on peut douter de l'existence jusqu'à ce que des preuves solides soient apportées.

L'acronyme a été élaboré par Jean-Pierre Pharabod pour son ouvrage AVNI - Les Armes Volantes Non Identifiées[87].

La version douce de cette théorie a pu se confirmer lorsque certaines armes secrètes ont été officialisées au début des années 1990, comme les F-117. D'autres exemples d'avni comme le ballon Mogul à l'origine de l'incident de Roswell, qui était un programme ultra-secret à l'époque, de même que le ballon Skyhook, qui en son temps à donné lieu à de nombreuses observations d'ovni, et qui est le principal suspect à l'heure actuel dans l'incident de Mantell. Cette version est acceptée par certains sceptiques comme pouvant expliquer certaines observations d'ovni.

La version dure de cette théorie est soutenue notamment par des intellectuels accusés d'être partisans d'une théorie du complot [88]. Les thèses avni et HET sont parfois liées, certains, comme Jean-Pierre Petit, considérant que c'est grâce à des technologies d'origine extraterrestre que les militaires ont pu construire des prototypes secrets (voir aussi : Zone 51) [89]. D'autres partisans de cette thèse, militaires de leur état, l'ont utilisée précisément pour démystifier l'hypothèse extraterrestre, notamment vers la fin des années 1940.

Le projet Aurora 

Selon Jean-Pierre Petit[90] les États-Unis possèderaient une avance très significative en matière de technologie et d'armement. Ayant lui-même travaillé avec eux pendant les années 1980 sur la magnétohydrodynamique [91], il affirme que lors d'un congrès consacré à la « propulsion avancée », des confrères américains lui expliquèrent que leur pays avait engagé de très gros budgets et classé secret défense les recherches sur la « MHD ». Reprenant ses travaux, les États-Unis auraient mis au point des avions pouvant voler à « mach 12 », c'est-à-dire à environ 10 000 km/heure, soit dix fois la vitesse du son. Ainsi, un appareil du nom de SR-91 Aurora [92] [93] atteindrait les 6000 km/h (10 000 km/h à 60 km d'altitude selon certaines sources) depuis plus de quinze ans. Selon ce qu'on peut appeler la « version officielle », popularisée par les mémoires d'un directeur de l'entreprise Lockheed, le nom Aurora correspondrait au nom budgétaire du Northrop B-2 Spirit. Les partisans de la théorie du complot croient que c'est plutôt l'inverse : le programme aurait eu une face officielle et classique, représentée par le B-2, et une face secrète, représentée par l'Aurora. On aurait donc présenté comme des dépenses liées au B-2 le développement des technologies de l'Aurora, ce qui expliquerait le coût faramineux du B-2 (estimé entre 1,157 milliard [94] et 2,2 milliards de dollars[95]), alors que par ailleurs il semble très classique. Cette théorie contredit la politique actuelle de l'Armée de l'air américaine qui privilégie les drones furtifs de reconnaissance, mais les théoriciens du complot font remonter l'origine d'Aurora à plusieurs décennies. Les États-Unis auraient également, sur le même fonctionnement, des torpilles « hypervéloces » capables d'atteindre les 2 000 km/h. Outre Atlantique, le MHD aurait été converti en générateur d'électricité. Une course à l'armement aurait eut lieu à cet égard entre les États-Unis et la Russie. Le pendant russe du SR-91 Aurora serait développé dans le programme au nom de code « AJAX ». Mais la Russie n'a prétendument plus suffisamment de budget à investir dans ces technologies. Des avions hypervéloces, furtifs et aussi puissants que ceux décrits ne pourraient donc aujourd'hui être conçus que par les États-Unis. Selon cette théorie, ce serait cela, les ovnis inexpliqués, ce qui serait une assez bonne explication de ces grandes campagnes de désinformation [96] qui ont concerné ce phénomène toujours difficilement étudiable.

Le cas du F-117A 

Isabelle Anderson, Jean-Louis Carrel, Peter Collins, Yann le Garrec, Isabelle Martin et Raphael Picard, journalistes scientifiques s'attaquent au phénomène ovni dans le magazine "Science" en septembre-octobre 2007. Ils constatent qu'en définitive « il est certain que bien des avions furtifs américains ont été pris pour des ovnis. Il faut savoir qu'entre la conception de ces engins, les essais (toujours effectués de nuit), et leur présentation officielle, il peut s'écouler une vingtaine d'années. Ce fut le cas du F-117A, testé à partir de 1977 et révélé à la presse en 1990 pour calmer la vague d'observations d'ovnis en Belgique. Il était équipé d'un système de facettes permettant de réfléchir les ondes radar dans toutes les directions sauf dans celle du radar émetteur lui-même ». Il s'avère que cet avion furtif a été de nombreuses fois pris par des témoins de bonne foi pour un ovni [97] et que peu d'informations sont obtensibles par le biais d'Internet sur cet avion furtif, la quasi-totalité des sites à son sujet étant japonais [98]. Les auteurs ajoutent cependant que « Les engins actuellement testés, qui voleront d'ici 2010 à 2020, nous paraîtraient aujourd'hui d'une conception extraterrestre ! S'il se produit des crashes de ces avions, l'armée américaine s'empresse naturellement d'enlever les débris et de les remplacer par d'autres plus communs. Mais, depuis, ces avions prodigieux en forme de soucoupe n'auraient-ils pas fini par nous être présentés ? ».[99]

Il semble donc que si la thèse AVNI permet de faire la lumière sur bien des cas intéressants, elle ne peut pour autant tout expliquer dans le phénomène ovni.

L'hypothèse temporelle 

Selon cette théorie, les ovnis seraient des appareils permettant de voyager non pas dans l'espace, mais dans le temps [100] : les occupants aperçus à proximité des ovnis seraient alors des voyageurs temporels venus étudier le passé de notre monde. L'hypothèse temporelle est aussi fondée sur des argumentaires relevant du paranormal et de la science-fiction. Un cas intéressant à étudier : celui des éléments scientifiques livrés par un certain John Titor prétendant sur Internet en novembre 2000 être un soldat venant de l'année 2036 [101]. Les "prédictions" attribuées à cet internaute sont éloquentes même si elles font penser à un canular. Il est à noter que le dépassement de la vitesse de la lumière permet théoriquement de remonter le temps et qu'à ce titre, l'HET et l'hypothèse temporelle ne sont pas intrinsèquement contradictoires.

Article détaillé : Voyage dans le temps.

Il existe de nombreux postulats scientifiques de base permettant un voyage dans le temps en contournant la théorie de la relativité interprétée de différentes manières par la communauté scientifique. Il est intéressant de noter que certains scientifiques quelque peu décriés par leurs pairs ont déjà expérimenté des effets pouvant être interprétés comme rétrogrades (expérience de Marlan Scully, de Lijun Wang et le célèbre effet STL de Ronald Mallett). Ces expériences relèvent de la vitesse supraluminique, un thème scientifique sur lequel il y a peu d'informations.

Théories marginales 



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